Mission

MissionUn chef de la mafia Hong Kongaise a de sérieux ennuis : on cherche à l’abattre. Pour assurer sa protection il engage 5 tueurs plus ou moins repentis. Leur misssion : protéger leur boss par tous les moyens mais également tenter de découvrir qui est le commanditaire du contrat.

Nous avons retrouvé le frère caché de John Woo. Il s’appelle Johnny To et est neurasthénique.
Là où le réalisateur du Killer et de Face/Off filme les scènes d’action comme des ballets à la chorégraphie compliquée et acrobatique (des personnages qui se jettent du troisième étage tout en vidant simultanément leurs deux chargeurs), Johnny To propose dans son film des scènes de gunfight quasi immobiles : les protagonistes se posent l’un face à l’autre et se canardent tranquillement, sans ciller, jusqu’à ce que l’un (ou les deux) s’écroule dans une petite mare de sang.

Vous l’avez peut être compris : The Mission est un film de genre sérieusement dérangé.

Film de genre parce que nous retrouvons dans cette histoire un peu bateau les éléments du polar (et, par certains côtés, également du western) : la mission initiale qui fait se rencontrer des personnages un peu caricaturaux (on pense au « Sept mercenaires » ou aux « 12 salopards »…), les épreuves successives jusqu’à l’achèvement de la mission (les gunfight), l’amitié virile qui finit par naitre et assure la cohésion du groupe, et enfin la mise en danger de cette cohésion par un élément extérieur au groupe (une femme, forcément).
Mais si le cadre du film de genre est bien là, la façon de mettre en scène tout cela est, elle, bien loin de ce à quoi on a pu être habitué.
La principale originalité de ce film est donc dans la manière plus qu’épurée de filmer les gunfight. Cette épure quasi-janséniste procure finalement au film une certaine beauté immobile (la scène du centre commerciale, où les personnages, l’espace d’une minute, se transforment en statues), mais également un snetiment d’étrangeté, quelque chose qui tourne à l’absurde et au kafkaïen parfois. Ainsi au moment où les cinq découvrent la planque des tueurs chargés de liquider leur patron : pendant 5 minutes (c’est long !) on assiste à une scène quasi irréelle : un échange de coups de feux dans la nuit entre un entrepot désaffecté et des broussailles. Personne ne sait exactement sur quoi ni où il tire, mais tout le monde tire…

Quand on saura que tout ça est filmé avec une BO certifiée Bontempi Vintage 1980’s, on ne peut que se rendre à l’évidence : The Mission est un futur film culte !

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